Choix de plantes d’intérieur : les principales familles
d’orchidées
En collaboration avec la revue Le Jardinier d'Intérieur / Les
Publications Vertes
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pour L'EXTRA
de Laval
Par Jessy Caron (horticulteur paysagiste)
Un brin dhistoire
Lorchidée terrestre, la seule connue du temps de la Grèce
classique, tire son nom de lobservation faite par un disciple
dAristote, Théophraste (372 287 avant notre ère),
de ses tubercules souterrains. Il lui donna le nom d« orkhis »,
terme grec qui désigne les testicules, par allusion à
la ressemblance de ceux-ci avec les deux bulbes rhizomateux de la
plupart des orchidées alors connues du bassin méditerranéen.
À lépoque, ces plantes étaient cultivées
pour leurs propriétés médicinales et non pour
leur beauté ou leur parfum. Au tout début de notre ère,
sous la conduite du savant grec Discoridès (41 68),
on appliqua la doctrine des signatures, qui voulait que chaque partie
végétale qui ressemblait à un organe humain pouvait
lui être bénéfique et entrer en interrelation
dans les soins à attribuer au patient. On croyait alors que
les orchidées étaient toutes désignées
pour traiter les problèmes dinfertilité. Les médecins
de lAntiquité leur attribuèrent également
une valeur aphrodisiaque élevée. Ce nest quà
la Renaissance quon sintéressa vraiment aux valeurs
horticoles des orchidées.
En 1818, Lord Cattley découvre la première
orchidée épiphyte, qui pousse sur les branches des arbres
auxquelles elle saccroche. Cest alors que sont apparus
les chasseurs dorchidées. Par la suite, les orchidées
constituèrent une richesse fort convoitée. Plusieurs
explorateurs laissaient leur vie dans des expéditions à
nen plus finir afin de conquérir de nouvelles variétés.
Lors des récoltes de variétés nouvelles, on brûlait
souvent le site afin davoir lexclusivité de la
variété, ce qui occasionnait lextinction de certaines
variétés de la flore indigène. En 1885, suite
à un congrès, la Royal Horticultural Society (RHS) vit
le jour et commença à veiller à la protection
des espèces en voie dextinction. Publications, colloques,
cours, concours, congrès et expositions permettent détaler
les connaissances dans le domaine. Cest principalement grâce
à ces sociétés que la culture des orchidées
est maintenant accessible à tous.
Comment est nommée une orchidée?
Le nom d'une orchidée se compose d'au moins deux parties :
le premier nom indique le genre, p. ex. Cymbidium, le deuxième
nom indique l'espèce, p. ex. lowianum. Si, dans une même
espèce, des variations notables apparaissent sur la fleur,
ses couleurs ou sa taille, le troisième nom indique la variété,
p. ex. var. concolor. Le nom complet de l'orchidée dans l'exemple
précité est : Cymbidium lowianum var. concolor.
Le nom a-t-il une signification particulière? Oui, car l'appellation
peut être faite en fonction d'une de ses particularités,
de celui qui l'a découvert, de son origine, etc.
Les sept genres les plus courants
Phragmipedium : Ce genre comporte de quinze à
vingt espèces dorchidées originaires dAmérique
centrale et du Mexique. Elles ont le labelle en sabot et les feuilles
en lanières de 20 à 30 cm de longueur. Les couleurs
sont variables, mais figurent généralement une base
de blanc ou de vert-jaune, nuancée de pourpre. Température
minimale dhiver : 10 à 15 degrés pour les
espèces de climat frais et 18 degrés pour celles de
climat tropical. Zones int. 9-11, ext. 6.
Paphiopedilum (proche parent du Sabot de Vénus) :
Ce genre comporte environ 60 espèces. Souvent compactes, ces
orchidées se composent de racines charnues, de quelques grandes
feuilles fréquemment marbrées, dune tige courte
et dune à quelques fleurs dotées dun sabot
tout à fait caractéristique du genre. Zones int. 8-11,
ext. 3-6.
Cattleya : Ce genre comporte de 40 à 60 espèces
qui elles-mêmes ont engendré dinnombrables hybrides
aux fleurs miniatures à géantes, de 5 à 15 cm
de diamètre. Hormis le bleu, pratiquement toutes les couleurs
sont présentes. Dans un groupe despèces, les cattleyas
bifoliés, deux feuilles larges émergent du sommet de
chaque pseudobulbe. Lautre groupe, les unifoliés, ne
porte quune feuille. Les hybrides et les bifoliées demandent
une température moins élevée que les unifoliés.
Adore un repos en hiver. Zones 10-12.
Dendrobium (Dendrobe) : Ce genre dorchidées
est lun des plus prolifiques, avec quelque 1200 espèces.
Parmi ces dernières, on distingue les types « érigés »
et « souples ». On différencie les espèces
de culture chaude, tempérée et froide. Pour les espèces
de culture chaude, la température ne doit pas aller en dessous
de 15 degrés, alors quelle peut descendre à 2
degrés en culture tempérée. Le substrat idéal
est une composition décorce, de charbon de bois et de
sphaigne. Une période sèche de repos hivernale favorise
la floraison. Zones 10-12.
Epidendrum : Avec quelques mille espèces reconnues,
ce genre dorchidées est lun des plus grands. Les
espèces qui le composent sont variables, certaines formant
des tiges ressemblant à des joncs, et dautres à
des pseudo-bulbes vigoureux. Zones 9-11.
Cypripedium (Sabot de Vénus) : Ce genre comporte
35 espèces dorchidées terrestres caduques. Son
nom provient de la façon dont le labelle de la fleur est creusé
pour former une petite bourse telle un sabot bulbeux. Les larges feuilles
minces et plissées émergent des rhizomes au printemps,
et les fleurs éclosent en été sur des tiges dressées,
solitaires ou à plusieurs sur une même tige. La difficulté
de sa culture est à prendre en considération. Zones
int. 5-9, ext. 3.
Phalaenopsis : Les fleurs pastels, les larges feuilles
et les pétales complexes de la cinquantaine despèces
qui composent ce genre contribuent à la grâce de ces
orchidées. Elles ne forment pas de pseudobulbes, les feuilles
vert uni ou taché naissant directement à même
la souche et les hampes florales arquées sélevant
nettement au-dessus delles. Ces hampes peuvent dépasser
60 centimètres et regrouper 20 belles fleurs, de 10 centimètres
de diamètre, le plus souvent blanc lustré, parfois rose
pâle, pratiquement toute lannée. Zones 9-11.
L'EXTRA Habitation est
une présentation du journal L'EXTRA de
Laval