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Choix de plantes d’intérieur : les principales familles d’orchidées

En collaboration avec la revue Le Jardinier d'Intérieur / Les Publications Vertes
www.tigmag.com - Tél.: 450 628-5325
pour L'EXTRA de Laval

Par Jessy Caron (horticulteur paysagiste)

Un brin d’histoire
L’orchidée terrestre, la seule connue du temps de la Grèce classique, tire son nom de l’observation faite par un disciple d’Aristote, Théophraste (372 – 287 avant notre ère), de ses tubercules souterrains. Il lui donna le nom d’« orkhis », terme grec qui désigne les testicules, par allusion à la ressemblance de ceux-ci avec les deux bulbes rhizomateux de la plupart des orchidées alors connues du bassin méditerranéen. À l’époque, ces plantes étaient cultivées pour leurs propriétés médicinales et non pour leur beauté ou leur parfum. Au tout début de notre ère, sous la conduite du savant grec Discoridès (41 – 68), on appliqua la doctrine des signatures, qui voulait que chaque partie végétale qui ressemblait à un organe humain pouvait lui être bénéfique et entrer en interrelation dans les soins à attribuer au patient. On croyait alors que les orchidées étaient toutes désignées pour traiter les problèmes d’infertilité. Les médecins de l’Antiquité leur attribuèrent également une valeur aphrodisiaque élevée. Ce n’est qu’à la Renaissance qu’on s’intéressa vraiment aux valeurs horticoles des orchidées.

  En 1818, Lord Cattley découvre la première orchidée épiphyte, qui pousse sur les branches des arbres auxquelles elle s’accroche. C’est alors que sont apparus les chasseurs d’orchidées. Par la suite, les orchidées constituèrent une richesse fort convoitée. Plusieurs explorateurs laissaient leur vie dans des expéditions à n’en plus finir afin de conquérir de nouvelles variétés. Lors des récoltes de variétés nouvelles, on brûlait souvent le site afin d’avoir l’exclusivité de la variété, ce qui occasionnait l’extinction de certaines variétés de la flore indigène. En 1885, suite à un congrès, la Royal Horticultural Society (RHS) vit le jour et commença à veiller à la protection des espèces en voie d’extinction. Publications, colloques, cours, concours, congrès et expositions permettent d’étaler les connaissances dans le domaine. C’est principalement grâce à ces sociétés que la culture des orchidées est maintenant accessible à tous.

Comment est nommée une orchidée?
Le nom d'une orchidée se compose d'au moins deux parties : le premier nom indique le genre, p. ex. Cymbidium, le deuxième nom indique l'espèce, p. ex. lowianum. Si, dans une même espèce, des variations notables apparaissent sur la fleur, ses couleurs ou sa taille, le troisième nom indique la variété, p. ex. var. concolor. Le nom complet de l'orchidée dans l'exemple précité est : Cymbidium lowianum var. concolor. Le nom a-t-il une signification particulière? Oui, car l'appellation peut être faite en fonction d'une de ses particularités, de celui qui l'a découvert, de son origine, etc.

Les sept genres les plus courants
  Phragmipedium : Ce genre comporte de quinze à vingt espèces d’orchidées originaires d’Amérique centrale et du Mexique. Elles ont le labelle en sabot et les feuilles en lanières de 20 à 30 cm de longueur. Les couleurs sont variables, mais figurent généralement une base de blanc ou de vert-jaune, nuancée de pourpre. Température minimale d’hiver : 10 à 15 degrés pour les espèces de climat frais et 18 degrés pour celles de climat tropical. Zones int. 9-11, ext. 6.

  Paphiopedilum (proche parent du Sabot de Vénus) : Ce genre comporte environ 60 espèces. Souvent compactes, ces orchidées se composent de racines charnues, de quelques grandes feuilles fréquemment marbrées, d’une tige courte et d’une à quelques fleurs dotées d’un sabot tout à fait caractéristique du genre. Zones int. 8-11, ext. 3-6.

  Cattleya : Ce genre comporte de 40 à 60 espèces qui elles-mêmes ont engendré d’innombrables hybrides aux fleurs miniatures à géantes, de 5 à 15 cm de diamètre. Hormis le bleu, pratiquement toutes les couleurs sont présentes. Dans un groupe d’espèces, les cattleyas bifoliés, deux feuilles larges émergent du sommet de chaque pseudobulbe. L’autre groupe, les unifoliés, ne porte qu’une feuille. Les hybrides et les bifoliées demandent une température moins élevée que les unifoliés. Adore un repos en hiver. Zones 10-12.

  Dendrobium (Dendrobe) : Ce genre d’orchidées est l’un des plus prolifiques, avec quelque 1200 espèces. Parmi ces dernières, on distingue les types « érigés » et « souples ». On différencie les espèces de culture chaude, tempérée et froide. Pour les espèces de culture chaude, la température ne doit pas aller en dessous de 15 degrés, alors qu’elle peut descendre à 2 degrés en culture tempérée. Le substrat idéal est une composition d’écorce, de charbon de bois et de sphaigne. Une période sèche de repos hivernale favorise la floraison. Zones 10-12.

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  Epidendrum : Avec quelques mille espèces reconnues, ce genre d’orchidées est l’un des plus grands. Les espèces qui le composent sont variables, certaines formant des tiges ressemblant à des joncs, et d’autres à des pseudo-bulbes vigoureux. Zones 9-11.

  Cypripedium (Sabot de Vénus) : Ce genre comporte 35 espèces d’orchidées terrestres caduques. Son nom provient de la façon dont le labelle de la fleur est creusé pour former une petite bourse telle un sabot bulbeux. Les larges feuilles minces et plissées émergent des rhizomes au printemps, et les fleurs éclosent en été sur des tiges dressées, solitaires ou à plusieurs sur une même tige. La difficulté de sa culture est à prendre en considération. Zones int. 5-9, ext. 3.

  Phalaenopsis : Les fleurs pastels, les larges feuilles et les pétales complexes de la cinquantaine d’espèces qui composent ce genre contribuent à la grâce de ces orchidées. Elles ne forment pas de pseudobulbes, les feuilles vert uni ou taché naissant directement à même la souche et les hampes florales arquées s’élevant nettement au-dessus d’elles. Ces hampes peuvent dépasser 60 centimètres et regrouper 20 belles fleurs, de 10 centimètres de diamètre, le plus souvent blanc lustré, parfois rose pâle, pratiquement toute l’année. Zones 9-11.


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