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Le jeu des finis en peinture
par : Martin Saint-Pierre

  Le bon fini de peinture à appliquer se détermine selon la nature du matériau à recouvrir et également selon la vocation des pièces et surfaces à peinturer. Chaque fini possède ses propres usages spécialisés permettant d'en faire une utilisation optimale, mais aussi implique ses restrictions ou particularités à respecter. Certains se lavent plus facilement tandis que d'autres camouflent mieux les imperfections et les défauts d'application.

  La classification des types de finis se fonde sur la manière dont chacun réfléchit la lumière. Le reflet représente le pourcentage de lumière réfléchit par le fini d'une peinture dans un angle de 85° tandis que la brillance d'un fini correspond au pourcentage de cette réflexion lumineuse observé en respectant une orientation de 60° relativement à une surface. Chaque fabriquant de peinture établi ses propres nomenclatures pour définir le standard des produits offerts aux consommateurs de telle sorte que le marché compte une grande variété de finis, lesquelles s'équivalent parfois plus ou moins.

  Le fini brillant offre la meilleur résistance aux saletés et se lave avec beaucoup d'aisance, ce qui en fait le favori pour les surfaces à protéger, comme les cadrages de portes, les boiseries, les rampes d'escalier ou les murs exposés aux taches ou aux éclaboussures. Avec une brillance de 80% à 90%, ce fini rend les surfaces très réfléchissantes, voire miroitantes. En contre partie, cette propriété met en évidence la moindre imperfection ce qui restreint son utilisation aux surfaces lisses et unies. On retrouve généralement les finis lustrés dans les vernis, dans les peintures antirouille, dans l'émail à l'alkyde ou acrylique et dans les enduits à planchers de béton. Si on doit l'appliquer sur du bois, pensons à toujours épouser le sens des veinures.

  Le fini semi-lustré rivalise à peu de choses près avec les finis lustrés au niveau de l'entretien et de la résistance sans l'effet miroir, en affichant une brillance de 35% à 45% et un reflet environnant les 80%. Cette résistance en fait la solution idéale pour les murs soumis à l'humidité et aux graisses comme ceux des cuisines et salles de bain. Il est plus attrayant que le fini brillant sur les portes d'armoires et les moulures. On peut l'appliquer à toutes les sauces et dans toutes les pièces de la maison, toutefois son emploi se prête moins aux plafonds, trahissant les imperfections de manière à augmenter le niveau de difficulté de l'application.

  Le fini perle constitue un excellent compromis lorsque l'on désire utiliser un seul fini pour peindre l'ensemble des murs et plafonds d'une même pièce. Un lustre intermédiaire laissant échapper environ 25% de brillance, une souplesse d'utilisation légendaire et un reflet se limitant à 70% font de ce fini une alternative très en demande.

  Le fini mélamine est disponible avec les peinture au latex 100% acrylique. C'est un fini neutre, lavable et élégant, qui révèle entre 40% et 50% de reflet. On l'utilise sur les meubles, portes et boiseries mais aussi sur les murs et plafonds des cuisines et salles de bain.

  Le fini platine s'apparente au fini mélamine mais avec une brillance un peu moindre et une résistance qui en souffre nécessairement. On peut également l'appliquer à toutes surfaces.

Le velours et le satin
  Ces finis, d'une élégance remarquable, s'emploient avec aisance et masquent bien les défectuosités lorsque observés de front. De profil, des reflets situés entre 20% et 30% et une brillance de seulement 5 à 12% font de ces finis des réussites assurées pour les murs et plafonds des salons et chambres à coucher. Quoique relativement lavables, leur prédisposition à se souiller facilement rend plus impérieuses, leurs poses sur les murs des cuisines et salles de bain.

Coquille d'œuf
  Une brillance légère (entre 2% et 9%) permet d'enduire certains murs ou éléments de décoration de cette peinture mais son usage est surtout réservé aux plafonds. Difficile à nettoyer, elle a la fâcheuse réputation de se salir à vue d'œil.

  Les latex mats sont sans reflet et masquent à merveille les petites défectuosités. Le résultat final est garant de leurs applications simplifiées mais cette dernière est réservée particulièrement aux plafonds. Très salissant, ces finis se lave très mal, à moins d'être composés à 100% d'acrylique, or ils n'offrent pas une grande résistance au frottage.

  Le fini mat à l'huile est beaucoup plus résistant, très lisse et sans porosité. Lavable, on l'applique traditionnellement aux portes, moulures, meubles ou murs décoratifs. A t-on besoin de rappeler que son application est bien difficile même si c'est bien plus beau que la peinture à l'eau.

  Le fini cachemire, relativement nouveau, est également sans lustre et représente l'alternative par excellence aux peintures mates à base d'huile. Cette peinture 100% acrylique se lave bien et fait la joie des décorateurs qui l'utilise à chaque occasion. Développé par la compagnie SICO, on retrouve désormais son équivalent chez quelques fabricants de peinture.

  En décoration, le jeu des finis permet de créer certains effets intéressants. Par exemples, une zone de couleur ou une moulure lustrée sur un fond mat semblera ressortir ou avancer, tandis qu'une forme mate superposée à un fond au lustre plus apparent, semblera s'enfoncer. Par ailleurs, la plupart des décorateurs s'entendent pour dire que les boiseries ou les moulures sont plus élégantes lorsque recouvertes d'un verni ou d'une peinture au fini mat, satiné ou encore cachemire.

  Une peinture de la même couleur que celle des murs mais avec un lustre différent permettra d'accentuer des moulures, des cadrages ou d'autres éléments et produira un effet réussi et largement apprécié de ceux qui auront le raffinement de reconnaître la beauté, dans la subtilité de ces contrastes de brillances. On peut pousser l'audace et appliquer ces contrastes de finis aux techniques de peinture décorative connues comme les faux-finis ou le pochoir. De cette façon, on peut créer des motifs décoratifs puis les appliquer au pochoir en utilisant un verni au fini différent. Ces formes répétitives raviront l'œil de l'observateur placé de biais et s'atténueront lorsque regardées de plein fouet. Pour ajouter du mouvement, on peut opérer des rotations ou inversions dans la répétition des motifs.

Martin Saint-Pierre
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Sylvie Durand, Artiste peintre

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