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LA CHRONIQUE ÉNERGÉTIQUE
Ça va chauffer !


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Bedaine et histoire d'huile !

Par :René Després

  L'hiver est déjà passé ! Étrangement l'énergie s'est faite un peu moins consommante. Bonne chose pour le portefeuille en ce temps des impôts où l'instrument est parfois très malmené et fort sollicité par des gouvernements qui... Ahhh! Ça ne devait pas être une chronique politique mais énergétique.

  Peu importe que la météo nous fasse des fluctuations pour le moins étonnantes l'objectif demeure : consommer moins d'énergie. Alors je vais vous raconter une petite histoire d'énergie. Il était une fois un propriétaire, petit il va de soi. Il avait un locataire désirant se promener la bedaine à l'air par les grands soirs d'hiver, où le vilain vent du nord-ouest soufflait très fort sur sa pièce de travail au deuxième étage (deux murs exposés, maison construite en 1952).

  Comme le chauffage était inclus le grand locataire voulait se promener en bedaine. Il allait voir le petit propriétaire de temps en temps pour bien lui faire sentir que chez lui il voulait ça, à la bonne température. Étude de cas: le petit propriétaire avait un système à l'eau chaude avec circulateur, fournaise avec brûleur à l'huile, un thermostat seulement contrôlant le tout pour les 3 étages, celui-ci étant situé au premier étage du duplex. Aussi, il possédait un vieux réservoir extérieur de mille litres.

   Ça c'est le topo, comme dirait l'autre. Cette année là le petit propriétaire a eu une grosse, grosse facture annuelle pour son petit, petit portefeuille. En plus il a surchauffé la cabane pendant tout l'hiver, donc un long et plat inconfort et une facture foutrement salée.

  Qu'à cela ne tienne, nos deux lurons propriétaires (le cher homme et sa dynamique épouse) prirent le taureau par les cornes. Première réponse, on regarde le gros mammouth dans la salle de fournaise. Faut-il le jeter, le changer pour une fournaise moderne et performante, ou bien on améliore simplement la « Berta »?

  Commençons par le commencement. Le réservoir extérieur annonce deux problèmes. Premièrement, trop vieux, la rouille a déjà commencée à y faire un dur travail. S'il se met à couler sur le terrain, là c'est du trouble comme dirait l'autre. Donc on change, mais on y reviendra. Deuxièmement, le tuyau d'amener de l'huile, qui part du réservoir et entre dans la maison est trop petit et malgré un élément électrique enroulé autour du ¾ de pouce, la fluidité de l'huile se trouve grandement diminuée en hiver. Donc mauvaise combustion dans la fournaise. Une ligne de 1 ¼ po. de diamètre s'il vous plait sur le tuyau d'amener !

  Après on s'en va voir la « Berta » ! Le brûleur est récent, OK ! La chambre à combustion doit être remplacée. Pas de panique, on placera simplement une nouvelle chambre à combustion préfabriquée dans un matériau qu'on appelle le « Kaowool » (une laine de céramique réfractaire). Ça a la forme d'un cylindre avec un trou sur un côté pour insérer le devant du brûleur à l'huile. Ce dernier chauffe maintenant directement sur la paroi de ce cylindre plutôt que sur la brique du foyer intérieur de la fournaise. Ça a l'air d'un type d'isolant pour gros tuyau. Mais ne vous méprenez pas! Ce matériau peut monter à une température de 1 000 °C plus rapidement que la brique réfractaire des fournaises conventionnelles et offre une longue rétention de la chaleur.

  Nous sommes donc arrivés à une meilleure combustion et à une meilleure répartition de la chaleur vers l'eau qui se promène dans les tuyaux. Parlons-en des tuyaux. Tous les serpentins de chauffage se verrons affublés d'une valve pour ajuster manuellement le débit dans chaque pièce. Certains plus fortunés peuvent mettre des valves thermostatiques sur chacun des calorifères. Là on devient plus pointu mais encore plus efficace.

  Pourquoi les valves ? Elles sont simplement comme votre robinet de lavabo. Moins d'eau qui coule dans le serpentin représente moins de travail pour la pauvre « Berta ». Alors où en sommes nous maintenant ? L'huile coule mieux, brûle mieux et diffuse mieux sa chaleur à l'eau qui elle, ne passe plus son temps à se promener partout où ce n'est pas nécessaire.

  Et l'eau qui circule dans ces foutus tuyaux, parlons-en donc de cette eau ! Qui ou quoi contrôle sa température ? Le thermostat du premier étage. C'est pas fort ! Le thermostat contrôle en fait la fournaise qui part et arrête aux conditions du premier étage. C'est tout et c'est idiot. Et qu'est-ce qui arrive au deuxième plancher et au sous-sol ? Inconfort et surchauffe et en haut, c'est pas assez chaud. Ça va mal ! Ça coûte encore trop cher et tout le monde est inconfortable.

  Réflexions, conseils et recherches d'informations arrivent à la conclusion suivante : en 2002 deux ou trois petits fils et un ou deux circuits gros comme un paquet de cigarette, une simple sonde de température extérieure et une autre sur notre vieille copine (l'eau chaude qui circule dans les tuyaux) et le tour est joué. Il fait froid dehors l'eau sera plus chaude. Il fait tiède dehors, l'eau sera imperceptiblement en mouvement et en processus d'échange de chaleur tiède, pas de surchauffe et pas de cycle exagéré. Être en harmonie avec dehors procure un confort rectiligne et une économie substantielle. C'est cette relation qui contrôle les dollars qui brûlent inutilement dans la fournaise.

   Alors dans le cas présent, nous sommes partis d'une consommation annuelle de 11 400 litres à 7 600 litres. À un prix moyen de 45 cents le litre l'année dernière, on parle de 1 700$ d'économie dans une année seulement. Considérons un réservoir neuf, une modification de foyer de fournaise, un rajout de contrôles plus sophistiqués mais peu dispendieux et un peu de plomberie. On peut affirmer que l'investissement s'autofinance sur deux ans et que l'économie et le rehaussement du confort sont là pour toujours.

  On pourrait ajouter une valeur environnementale à tout ça. En plus de récupérer cette chère « Berta », 33 % d'économie d'énergie, ça ne fait pas seulement économiser, ça dégage moins de produit de combustion (co2) produisant l'effet de serre qui fait qu'on a des hivers tout croches.


René Després
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