Avec son chauffage électrique répandu dans
72% des maisons et la mise à la terre effectuée sur
l'entrée d'eau urbaine, le Québec est un des champions
occidentaux de l'exposition humaine aux champs magnétiques
résidentiels. Les médecins de santé publique
s'intéressent davantage au problème depuis juin 2001,
alors que le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC)
a classé les champs magnétiques de 60 Hertz, générés
par les courant circulant quand un appareil est allumé, comme
« peut-être cancérigènes ».
Le CIRC, qui relève de l'Organisation mondiale
de la santé, a confirmé que le risque de leucémie
double chez les enfants exposés de façon chronique à
un champ magnétique mesurant au moins 4 milligauss (ou 0,4
microtesla). « On estime à 10% la proportion d'enfants
québécois ayant une exposition résidentielle
égale ou supérieure à ce niveau »,
explique Jan Deadman, professeur d'hygiène industrielle à
l'Université McGill.
Même si l'augmentation du risque créée
par l'exposition aux champs magnétiques est faible, il est
bon de savoir qu'il est souvent facile et abordable de corriger les
problèmes de câblage et autres situations qui génèrent
une exposition humaine élevée. C'est d'ailleurs ce qu'a
démontré une étude, que nous avons obtenu en
exclusivité, et que publiera l'année prochaine la Société
canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL). Le classement
du CIRC a motivé la SCHL à résumer cette étude,
Survey of Electromagnetic Field Levels in Canadian Housing, rédigée
en 1995 mais jamais publiée. La SCHL devrait finalement la
publier cette année.
L'auteur, le docteur en architecture Andrew Michrowski*
d'Ottawa, préconise d'éviter une exposition chronique
à un champ magnétique dépassant 0,6 milligauss
(0,06 microtesla), seuil où aucun impact sur la santé
n'est mesurable. Des dommages génétiques sont possibles
à partir d'un milligauss, concluait en 1988 le National Institute
of Environmental Health Sciences, affilié au ministère
de la santé américain. La seule norme d'exposition internationale
qui existe, celle de l'ICNIRP, s'établit à 863 milligauss
et concerne l'exposition à court terme.
Sans recommander de seuil maximal d'exposition, la SCHL
souscrit au principe «d'évitement prudent» recommandé
par le CIRC, c'est-à-dire de minimiser son exposition quand
cela est facile et abordable. La SCHL entend d'ailleurs collaborer
avec le ministère de la Santé et des services sociaux
du Québec, qui est à développer une politique
d'évitement prudent des champs magnétiques.