John Ott fut le premier à démontrer qu’une
lumière brillante d’au moins 2 500 lux supprimait la production
de mélatonine par la glande pinéale. Un surplus de mélatonine,
un neurotransmetteur réglant l’humeur, est associé à
la dépression. (Un lux équivaut à l’éclairement
d’un lumen - l’unité du flux lumineux - par mètre carré.)
Traite la dépression saisonnière
Tout comme une marche matinale d’une heure, l’exposition
quotidienne à une lumière de 2 500 à 4 000 lux
pendant 30 à 120 minutes peut avoir un effet bénéfique
chez les gens souffrant de dépression hivernale ou «trouble
saisonnier de l’humeur», mieux connus sous son acronyme anglais
«S.A.D.». Ce syndrome touche 11 millions d’adultes américains
de façon aiguë et 26 millions de manière moins
aiguë. En voici les symptômes: goût marqué
pour les hydrates de carbones (biscuits, bonbons, pâtes), prise
de poids, fatigue, dépression, manque de concentration, somnolence
le jour et sommeil agité la nuit.
On recommande aux patients de s’asseoir à trois
pieds de la lumière et de ne pas la regarder directement. L’exposition
à 2 500 lux équivaut à la lumière qui
pénètre les yeux d’une personne regardant à l’extérieur
par une fenêtre à vitrage double clair par une journée
de printemps dans le nord-est américain.
Le montréalais Ted Wright se dit « fatigué
d’être toujours fatigué depuis des années ».
Il souffre du SAD depuis 30 ans. Il éprouve des sérieux
troubles du sommeil, de la dépression et des pertes d’habiletés
mentales dès que le soleil disparaît pendant deux jours.
«Je ne me sers alors pas d’outils car j’oublie comment bien
faire les choses.» Il dit que l’éclairage à spectre
lumineux complet et des suppléments vitaminiques le rééquilibre.
« Après ma photothérapie, je ne peux plus
m’imaginer déprimé. Je n’ai même plus la capacité
de l’être. »
Ralentit la croissance de tumeurs
De plus, l’exposition au soleil ou à un éclairage
reproduisant le spectre complet de la lumière solaire :
• ralentit le développement des tumeurs dans les cas des cancers
du sein et de l’intestin, selon l’Hôpital pour les yeux et institut
de recherche Wills, de Philadelphie;
• combat l’arthrite rhumatoïde, la sclérose en plaques,
le psoriasis, le candida et les infections vaginales (champignons)
chroniques, selon le docteur Wayne London, chercheur à l’École
médicale de psychiatrie à l’université Dartmouth,
au New Hampshire;
• accroît la fertilité des êtres humains en stimulant
la production d’oestrogène chez la femme et de testostérone
chez l’homme;
• met en branle des réactions chimiques contrebalançant
le phénomène d’agglomération des plaquettes sanguines
commun aux migraineux;
• atténue la dépression associée au syndrome
prémenstruel;
• combat l’insomnie et le syndrome du décalage horaire affectant
les voyageurs (jet lag);
• calme les enfants hyperactifs (ceux exposés aux lumières
de John Ott auraient même développé 30 %
moins de caries que les enfants du groupe contrôle !);
• stimule le système immunitaire et donc la guérison;
• Permet à la peau d’utiliser les rayons ultraviolets de type B
pour synthétiser les vitamines A et D, lesquelles permettent
au corps de synthétiser le calcium pour raffermir les os et
prévenir certains types de cancer;
• La vaste majorité des lampes ou fluorescents auxquels nous
sommes quotidiennement exposés n’émettent pas une lumière
à spectre complet et dépasse rarement 500 à 700 lux.
RAVAGES D’UNE LUMIÈRE DÉSÉQUILIBRÉE
John Ott a conçu des verres fumés réduisant
les UV, la distortion et l’éblouissement, mais
préservant l’équilibre du spectre solaire.
• Un éclairage au spectre déséquilibré
peut causer la fatigue, l’insomnie, la dépression, l’hostilité
et une carence des vitamines A et D. Il déprime le système
immunitaire et contribuerait à l’apoplexie, l’ostéoporose,
la maladie d’Alzheimer et au cancer. Un déséquilibre
lumineux affecte les glandes (pituitaire, pinéale, thyroïde,
etc.). La lumière incandescente, de couleur rouge-jaune, est
perçue par le corps comme un stress provocant la sécrétion
d’adrénaline, « l’hormone d’urgence ».
• Des chercheurs de l’université de Californie à San
Diego ont découvert que le taux de cancer du sein est plus
élevé dans les régions nordiques et peu ensoleillées
que dans celles où le soleil est plus abondant. Quoiqu’encore
préliminaires, ces recherches sont extrêmement constantes
d’une région à l’autre. Le cancer du colon démontre
le même modèle de distribution régionale que le
cancer du sein aux États-Unis.
• Les aveugles ne jouissent pas des effets bénéfiques
de l’interaction entre la lumière solaire et le cortex visuel.
Il en résulte diverses carences (des cellules sanguines rouges,
des lymphocites, des plaquettes sanguines et d’homones telle l’adrénaline,
l’insuline et la testostérone). De plus, leur foie perd de
sa capacité à désintoxiquer le sang; enfin, le
taux de sédimentation et de cholestérol sanguin augmente.
Ces problèmes disparaissent lorsque les gens aveuglés
par des cataractes retrouvent la vue grâce à une chirurgie.
• Dans les pays nordiques, le taux de dépression et de suicide
augmente considérablement pendant les six mois les moins ensoleillés
de l’année.
• La surexposition aux rayons ultraviolets est la principale cause
du cancer de la peau, qui touchera 60 000 Canadiens cette année
et en tuera environ 620. Elle provoque aussi la nausée, les
cataractes et d’autres problèmes. Avec l’âge, la lentille
de nos yeux jaunit. Ceci empêche l’iris de se contracter au
contact de la lumière et de réduire le diamètre
de la pupille. Il en résulte une surexposition aux rayons UV
dommageables. Les verres fumés ordinaires ont le même
effet, selon John Ott.
• La photothérapie produit rarement d’effets secondaires néfastes.
On traite parfois des dépressifs à l’aide d’une lumière
dont l’intensité atteint 10 000 lux. Une surdose de lumière
à spectre complet peut provoquer un manque de calcium, de glucose
et d’hormone de croissance dans le sang, l’irritabilité, l’écoulement
des yeux, des maux de tête et de l’insomnie, surtout quand le
traitement est administré en soirée.
Sources: Journal of the Bio-Electro-Magnetics Institute, Modern Wellness,
New York Times, Tampa Tribune, Treatments of Psychiatric Disorders,
articles fournis par la société Essentia: (613) 238-4437.
Les détails sur la dépression saisonnière et
le taux de suicide des pays nordiques vient de l’édition Hiver
1995 du magazine Prévention au Travail, de la CSST.
André Fauteux, éditeur
Magazine La Maison du 21e siècle, juin 1995 www.21esiecle.qc.ca