L'exposition aux ondes des téléphones et
antennes cellulaires semble aggraver la maladie d'Alzheimer qui fait
plus de morts dans les pays et régions où la population est
surexposée à ces ondes, selon une récente étude
suédoise.1
« La mortalité par la maladie d'Alzheimer semble
associée à la puissance émise par les téléphones
mobiles. Elle augmente rapidement et devrait augmenter substantiellement
dans les dix prochaines années », selon les chercheurs
Örjan Hallberge et Olle Johansson qui recommandent des études
plus approfondies dans ce domaine. Ce dernier travaille au prestigieux
Institut Karolinska qui accorde les prix Nobel. Ce chercheur a aussi
établi un lien entre l'épidémie du mélanome
malin (cancer de la peau mortel) et l'apparition en Scandinavie en
1955 des antennes de radio FM et de télévision.2
Ces auteurs ont remarqué que la mortalité par Alzheimer
a augmenté de 106 % entre 1997 et 2002 dans les régions
moins habitées et de 71 % dans les régions à plus
forte densité. Leur étude fut publiée en janvier
dans le journal médical European Biology and Bioelectromagnetics.
Le taux de décès augmente particulièrement
après l'âge de 80 ans. Cela serait selon eux dû
à l'exposition cumulative des ondes émises par les antennes
et les téléphones cellulaires. « Votre voisin
sur l'autobus peut vous exposer à des ondes de 900 à
1800 megahertz », exliquent les chercheurs. Dès
les années 1970, des études sur les rats avaient démontré
que les ondes cellulaires affectaient le cerveau. En 2003, une équipe
française3
dirigée par le prof. Roger Santini avait répertorié
les symptômes dont se plaignent plusieurs personnes vivant à
proximité des antennes émettant et recevant des ondes
de téléphonie cellulaire : nausée, perte d'appétit,
problèmes visuels (jusqu'à 10 mètres des antennes)
; iritabilité, tendances dépressives, chute de libido
(jusqu'à 100 m de distance ; maux de tête, problèmes
de sommeil et inconfort (jusqu'à 200 mètres) ; et fatigue
(jusqu'à 300 mètres).
Enfin, en 2004, deux autres chercheurs de l'Institut Karolinska,
Anders Ahlbom et Maria Feychting, découvraient que les gens
qui utilisent le téléphone cellulaire depuis plus de
dix ans doublaient leur risque de développer une tumeur bénigne
du nerf auditif.
Mutations
de virus
D'ailleurs, l'épidémie de grippe espagnole
(1918-1919), qui a fait plus de victimes que la Première Guerre
Mondiale, avait débuté sur le premier bateau radio diffusant
la météo dans le monde. « Les radiofréquences
émises sur ce navire auraient fait muter le virus de la grippe
asiatique », explique le président de la Société
planétaire pour l'assainissement de l'énergie, Andrew
Michrowski. Fondé en 1975 avec l'aide du sénateur Chesley
W. Carter, cet organisme d'Ottawa regroupe plus de 3 600 membres
dans 60 pays, dont plusieurs scientifiques de haut niveau.
L'augmentation fulgurante de la pollution électromagnétique
et en particulier des hautes fréquences est très inquiétante,
disait Michrowski dans une conférence prononcée à
Toronto fin novembre. Un nombre sans cesse croissant d'appareils et
d'antennes émettent des radiofréquences et même
des micro-ondes de radars, téléphonie cellulaire, stations
de radio et télé, etc. Ces ondes interagissent avec
la pollution biologique et chimique, dont les médicaments,
rappelle-t-il. En plus de contribuer à l'épidémie
de cancers et d'Alzheimer, elle aurait aussi un mot à dire
dans d'autres maladies graves comme l'épilepsie et l'autisme.
L'arrivée de la grippe aviaire en Colombie-Britannique
et les décès par une souche de la bactérie E. Coli
d'une rare virulence, à Walkerton en Ontario, auraient deux
facteurs en commun : l'érection de puissantes antennes
à proximité d'élevages industriels générant
d'énormes quantités de fumier, selon Michrowski.
Hécatombe au Japon
De plus en plus de jeunes Japonais s'enferment dans leur
chambre pendant des mois pour éviter leur famille. Les trois-quarts
souffrent de fatigue chronique et d'un manque d'apport de sang au
cerveau, selon le chercheur Teuhisa Miikethat de l'École médicale
de l'Université Kumamoto. À Kobe, le médecin
Ryoichi Ogawa rapporte que 80 % des patients souffrant de fatigue
chronique utilisent couramment le cellulaire, l'ordinateur, les jeux
vidéo, etc. Andrew Michrowski craint que des millions de Canadiens
soient parfois exposés, à leur insu, à des radiations
dépassant la limite permise par le Code de sécurité
6 de Santé
Canada. Une telle intensité, de 600 à 1 000 microwatts
par centimètre carré, peut chauffer le corps et causer
des dommages permanents. Sur une autoroute de Toronto, Michrowski
a mesuré un bruit de fond mesurant de 2,5 à 100 µw/cm2.
Ces champs, dit-il, sont parfois multipliés par
dix par des amplificateurs comme l'humidité et la présence
de structures métalliques et d'autres antennes. Au Québec,
il a mesuré les champs les plus élevés (0,25
à 8 µw/cm2) sur l'autoroute
des Laurentides près de l'aéroport de Mirabel. À
Montréal, il a mesuré entre 0,1 et 2,5 µw/cm2.
Selon l'Agence de protection de l'environnement américaine
(US EPA), l'exposition humaine à de tels signaux artificiels
et répétitifs a été multipliée
par 200 entre 1980 à 1999, pour atteindre en moyenne 1 µW/cm2
aux États-Unis. Michrowski dit que l'exposition des Canadien a doublé
depuis cinq ans au Canada et il prévoit des hausses exponentielles.
De nos jours, on peut même se faire implanter une puce sous-cutanée
pour être retracé n'importe où ! 4
Phénomènes étranges
Près de l'aéroport d'Ottawa, il est impossible
d'utiliser son téléphone cellulaire, les ondes étant
brouillées par les radars. Michrowski a déjà
enquêté chez une famille qui entendait une émission
de radio sur son lecteur vidéo ! À Montréal,
des fours micro-ondes peuvent capter des conversations émises
par une antenne de cellulaire située sur le toit d'une école !
En Israël, on a constaté un agrégat
de cancers près du mont Carmel, à Usfie. Ont suivi une
hausse des suicides et les pires résultats scolaires en Israël.
Les oiseaux sauvages fuyaient l'endroit. Les rejetons des animaux
domestiques naissaient avec des malformations.
Pas moins de 40 antennes de cellulaires et même
15 transmetteurs radio illégaux défiguraient ce paysage
israélien. Le 14 mars 2000, des citoyens enragés ont
vandalisé une antenne. Les élus locaux ont donc exigé
que les compagnies de cellulaires s'engagent à les défendre
lors d'éventuelles poursuites ou acceptent un transfert de
responsabilité. Depuis ce temps, aucune compagnie n'a demandé
d'y ériger une antenne !
Pourtant, depuis 1994, plusieurs publications scientifiques
ont fait état de liens entre l'exposition aux radiofréquences
et divers problèmes de santé, dont des dommages au code
génétique humain (ADN). « Couvrir le Canada
en entier de radiofréquences n'est pas très sage quand
on en ignore les conséquences à long terme. Plusieurs
médecins me téléphonent car ils ignorent comment
traiter le nombre croissant de leurs patients électrohypersensibles »,
mentionne la toxicologue Magda Havas, professeur en études
environnementales à l'Université Trent, en Ontario.5
L'ancienne première ministre de la Norvège, Gro Harlem
Brundtland, confiait en 2002 au journal norvégien Dagbladet
que travailler à l'ordinateur lui donne une sensation de choc
électrique dans les bras et qu'elle ressent un mal de tête
si une personne à moins de 4 mètres de distance utilise un
téléphone cellulaire.6
À l'époque de l'entrevue, ce médecin et mère
du concept de développement durable était directrice
générale de l'Organisation mondiale de la santé.
Cet organisme commence à peine à s'intéresser
au phénomène d'électrohypersensibilité.7
Depuis décembre 1999 à Toronto, toute nouvelle
antenne installée sur les terrains de la ville reine ne peut
émettre des ondes de plus de 0,1 watt par mètre carré,
soit 100 fois moins que le niveau recommandé par Santé
Canada. Une antenne érigée sur le boulevard de Maisonneuve
ouest au coin de l'avenue Harvard, à Montréal, dépasse
de cinq fois le niveau toléré à Toronto, selon
les mesures d'Andrew Michrowski. « Je devais quitter mon
immeuble pour pouvoir dormir », nous a confié un
ancien résidant de l'avenue Harvard, David Kaetz, qui vit aujourd'hui
à la campagne en Colombie-Britannique. Le porte-parole du ministère
fédéral de la Santé, Paul Duchesne, n'a pas voulu
commenter. « Santé Canada n'a aucun motif scientifique
de croire que le cellulaire est nocif. »