Dans
notre coin de pays, c'est bien connu, la surconsommation atteint un
niveau extrême. La durée de vie de certains articles
en est réduite au point de les rendre rapidement démodés.
On a qu'à penser aux modes vestimentaires pour prendre conscience
que nos vêtements les plus en vogue sont de plus en plus éphémères.
Toutefois, est-ce que ces modes onéreuses devraient influencer
l'achat des meubles et des produits utilisés à la maison ?
Il s'agit bien évidemment de choix personnels et
individuels, même si ces choix sont soumis à d'importantes
sollicitations publicitaires. Quoi qu'il en soit, ma pauvre vieille
cafetière, laquelle assurait hier encore très bien son
travail, serait-elle destinée à être reléguée
aux oubliettes du site d'enfouissement ? Tout ça, pour faire
place au tout nouveau modèle, plus attirant et soit disant
plus performant, par lequel je me suis récemment laissé séduire.
Alors, la solution serait-elle de démonter ma chère
cafetière en petits morceaux, pour la séparer en matériaux
distincts et ainsi la déposer dans mon bac de recyclage ? Malheureusement,
selon Recyc-Québec cette solution n'est pas envisageable, puisque
ces matériaux sont rejetés lors du tri, lequel se complique
par le fait même.
Il serait sûrement plus sage de faire don de ma
machine à filtrer le café à une connaissance
ou à un organisme qui s'occupera de la redistribuer.
Après maintes réflexions sur l'avenir de
notre monde, probablement provoqué par une culpabilité
bien placé, j'en suis arrivé à la lourde conclusion
que je devrais toujours prolonger la durée de vie utile de
mes biens. Cette période de prolongation est souvent réalisable
facilement par une petite mise à niveau ou simplement un changement
de vocation, au risque de paraître un peu démodé.
De cette façon, il sera toujours possible de récupérer
mes vieilles portes d'armoires pour en faire des tablettes qui, une
fois décorées, défient même les rigueurs
de la mode. Aussi, mon très confortable fauteuil, perforé
et déchiré par les griffes du chat, est-ce qu'il mérite
d'être balancé aux ordures ? Un petit travail de rembourrage
suffirait à lui redonner une allure de jeunesse, en plus de
me faire économiser.
Ma nouvelle cafetière aura servi, cette fois-ci,
à me réveiller l'esprit pour de prochains achats, afin
de choisir des produits durables, et tant qu'à y être,
des biens de consommations qui sont disponibles sous emballages consignés,
recyclés ou recyclables. Plusieurs matériaux pour la
maison contiennent des matières recyclées et les résidus
de construction sont recyclables en grande majorité. Je me
promets d'en discuter avec mon futur entrepreneur autour d'un café.
Les encombrants Mais
voilà que ma nouvelle philosophie risque de se buter à
quelques obstacles, lorsque j'aurai à me débarrasser
d'un vieux réfrigérateur en fin de vie. Heureusement,
plusieurs issues sont disponibles afin d'assouvir ma soif de bien
agir pour ma planète. Après tout, je serais curieux
de connaître la quantité de boîtes de conserve
équivalente au métal contenu dans un de ces appareils.
Mon premier réflexe consiste à utiliser
la collecte annuelle de déchets encombrants. À ce sujet,
je vous conseille fortement de vous informer auprès de votre
municipalité, non seulement pour connaître les dates
de collecte, mais surtout pour savoir quel sort est réservé
aux objets concernés. Sont-ils destinés à l'enfouissement
ou au recyclage ?
Des différences importantes distinguent les services
municipaux sur ce point. À titre d'exemple, la municipalité
de Laval nous informe que sur son territoire, les déchets encombrants
sont ramassés à l'année longue, avec les ordures
régulières. De cette façon, il est beaucoup plus
difficile de trier les déchets spéciaux et ces derniers
sont malheureusement dirigés vers le dépotoir. Toutefois,
à Ville de Laval, on nous assure que très peu d'appareils
et de pièces métalliques aboutissent à cette
fatale issue. Le correspondant nous informe de ce que les fonctionnaires
ont observé : la plupart de ces objets sont recueillis
et revendus à des récupérateurs privés,
par un mouvement spontané de citoyens qui se font une joie
et un devoir de visiter vos poubelles, avant le passage du camion
à ordure.
Ce serait sans doute très utile de vous informer
du même coup, à votre municipalité, de l'existence
de dépôts municipaux ou d'entreprises locales habilitées
à reprendre vos appareils et vos déchets encombrants
constitués de divers matériaux. Il est aussi très
facile et pratique de consulter le Répertoire
québécois des récupérateurs, des recycleurs
et des valorisateurs, disponible sur le site Internet de Recyc-Québec.
Que vous cherchiez à vous départir par exemple de vieux
matériaux de construction, de métaux divers ou encore
de cartouches d'encre et de composantes électroniques, vous
y trouverez possiblement un récupérateur qualifié.
Ce dernier se situe éventuellement plus près de chez
vous que le dépotoir public, ou du moins il en vaut sans doute
le détour à bien des égards.
Dans le cas particulier des électroménagers,
certains marchants ont la brillante initiative d'offrir à leur
clientèle des programmes de récupération des
vieux appareils, lors de nouveaux achats. Ils en garantissent l'acheminement
vers des entreprises de récupération.
La collecte sélective Comme
son nom l'indique clairement, la collecte sélective consiste
à amasser certains emballages et contenants sélectionnés
selon la rentabilité à revendre ces ressources. La clé
du savoir consiste ici encore à vous informer auprès
de votre service municipal. Plusieurs moyens sont utilisés
par les localités pour informer les citoyens des spécifications
et des changements apportés à ce service. Le billet
de courtoisie, déposé occasionnellement dans les bacs
de recyclage et accompagné des produits rejetés, est
un des moyens utilisés pour faire de l'enseignement.
Recyc-Québec nous apprend que les matériaux
de styromousse et de polystyrène marqués du symbole
de recyclage (ruban de Möbius) et identifiés du chiffre
6, sont rejetés dans la plupart des centres de tri. Les acheteurs
se trouvant très éloignés, le transport et l'entreposage
de ces emballages posent des problème liés à
leurs caractère poreux et à leurs dispositions à
être facilement souillés de résidus alimentaires
comme la viande. À ville de Laval, on ajoute aussi que ces
produits très légers, au moindre souffle du vent,
se retrouvent souvent expulsés à l'extérieur
du bac, dans la nature ou dans le jardin du voisin.
Les instances consultées sont d'accord pour affirmer
qu'il est dorénavant inutile d'enlever la fenêtre en
plastique des enveloppes et des boîtes de mouchoirs, et ce,
presque partout. Pour les cartons plastifiés contenant du lait
ou du jus, ils sont actuellement acceptés seulement dans les
centres de tri à haut volume comme Montréal.