Les psychologues, les décorateurs et les experts
en commercialisation et en publicité, pour ne nommer que ceux-là,
connaissent bien l'effet psychologique des couleurs sur la nature
humaine. Nous savons par exemple qu'une couleur brillante attirent
l'attention, tandis qu'une couleur terne se fait moins remarquer.
Les couleurs foncées semblent parfois étouffantes alors
que les couleurs pâles provoquent l'effet contraire. Nous savons
aussi que le rouge rappelle la chaleur, que le vert apporte un sentiment
de détente, que l'orange ouvre l'appétit, ...etc.
Même que certaines équipes de sport professionnel
choisissent soigneusement les couleurs de leurs chandails dans le
but d'influencer les équipes adverses, ou même leurs
propres joueurs.
Chaudes ou Froide ?
On nomme les jaunes, les orangés et les rouges
couleurs chaudes simplement parce qu'elles
nous rappellent les choses de la nature qui sont associées
à la chaleur, tel le soleil ou le feu par exemple. Évidemment,
on nomme les bleus et les verts couleurs froides
car on les associe à ce qui nous rappelle la fraîcheur :
l'eau, la glace, la neige...
Il est intéressant de noter qu'ici aussi la psychologie
des couleurs entre en jeu : une cuisine très ensoleillée
qui serait inondée par la chaleur du soleil entrant par une
grande fenêtre, en plus de la chaleur que dégage la cuisinière,
aurait avantage à être peinte avec des couleurs froides
plutôt que chaudes.
À preuve que la psychologie des couleurs est puissante,
voici une anecdote intéressante. Les employés d'un bureau
que l'on avait repeint avec des couleurs froides, se plaignirent,
du jour au lendemain, qu'ils avaient froid. Pourtant, la température
des pièces avait toujours été maintenue de façon
égale et confortable. L'automne suivant, on repeint les bureaux
avec des couleurs chaudes, toujours en maintenant les bureaux à
la même température agréable, et le problème
fut résolu ; les employés se sentaient maintenant bien
au chaud !
Près ou loin
Une autre propriété de certaines couleurs
est qu'elles ont la caractéristique d'avancer ou de reculer.
Ce phénomène, qui n'est pas psychologique cette fois,
s'explique plutôt par l'une des particularités de l'il
humain : sa lentille ne peut se mettre en foyer sur toutes les couleurs
en même temps. Chaque couleur y est réfractée
d'une façon différente.
Par exemple, les rayons émis par le rouge ont peu
tendance à se courber, ils sont alors mis en foyer à
un point derrière la rétine de l'il et, pour compenser
cet effet, et pour clarifier le champ de vision et l'objet rouge,
la lentille se dilate et devient convexe : cette action attire
réellement la couleur et lui donne la caractéristique d'avancer.
Aussi, les rayons émis par les bleus, eux, se courbent
rapidement en passant par la lentille et sont renvoyés à
un point devant la rétine. La lentille s'aplati alors et devient
concave : elle repousse donc la couleur et lui donne la caractéristique
de reculer.
Luc Dargis, Peintre en bâtiments
La maison des services