La maison des services  
     Québec France
      
      
   

 L'habitation depuis votre maison !       
Actualité
    Occase.ca
Le bulletin habitation
Abonnez-vous gratuitement !
 Courriel: 
  
 
Intérieur  
Extérieur  

En bref
Armoires
Architecture
Aspirateurs
Construction et Rénovation
Meubles
Nettoyage
Peintres
Plancher
Portes et fenêtres
schéma des catégories >>











 L'espace habitation
 pour rebâtir son nid

Archives
  
Êtes-vous du style « berceau au berceau »?
Par : André Fauteux,
Magazine La Maison du 21e siècle

  William McDonough révolutionne l’industrie du bâtiment en concevant des matériaux non toxiques et qui sont compostables ou infiniment recyclables.

 Le 4 mars dernier (2004), je célébrais mon 42e anniversaire. J’ai donc perçu comme un cadeau de l’univers le fait que William McDonough soit au Centre canadien d’architecture ce jour là, comme conférencier invité par l’École d’administration de l’Université McGill. Ancien doyen de l’École d’architecture de l’Université de la Virginie, il est le seul architecte à avoir été honoré par un président démocrate, Bill Clinton, et un président républicain, George W. Bush. « Ce que nous faisons est apolitique », dit-il.

  À ma grande surprise, ce concepteur de bâtiments et de produits verts m’apprend qu’il a déjà vécu à Beaurepaire, dans l’ouest de l’île de Montréal, le village où j’ai passé les 23 premières années de ma vie. Pour couronner le tout, il me dit que son père, James McDonough, était président de la division internationale de la distillerie Seagram’s en 1962 — l’année où je suis né. Décidément, il n’y a pas de hasard ! Mais c’est avant tout notre amour de la nature qui nous réunissait.

  McDonough m’inspire car il réussit à provoquer des changements radicaux mais positifs contre vents et marées. Provocateur, il réussit à convaincre les plus sérieux gens d’affaires, pour qui le profit est le premier synonyme de succès. Au lieu de les convaincre de moins polluer, en somme d’être « moins mauvais », il leur prouve que restaurer la nature est rentable à tout point de vue. « L’index de durabilité Dow Jones démontre que les compagnies qui ont l’environnement à coeur performent mieux que les autres. Vous êtes verts ? Prouvez-le !, leur lance-t-il avant d’enchaîner en demandant : En faveur du berceau au berceau ou non? »

Le pionnier de l’architecture verte
américaine, William McDonough
était à Montréal, en mars 2004,
au Centre canadien d’architecture.
  Au lieu d’emprunter l’approche écologiste traditionnelle qui analyse le cycle de vie des produits « du berceau à la tombe » soit à partir de la récolte des matières premières jusqu’à leur mise aux rebuts, McDonough estime qu’on ne doit fabriquer que des produits recyclables à l’infini, tout comme dans la nature. « Nos polymères sont convertis en bancs de parc et c’est une mauvaise nouvelle, car ils sont recyclés vers le bas (downcycled) », a-t-il expliqué aux étudiants de McGill. En général, le recyclage dégrade les qualités mécaniques des plastiques. D’une façon ou d’une autre, ils se dirigent donc vers l’enfouissement ou l’incinérateur. »

Déchets = nutriments
  Pour lui, il faut éliminer la notion même de déchets. Tous les matériaux, y compris l’emballage qui compose 50 % des rebuts, doivent être soit des nutriments techniques (industriellement recyclables à l’infini) ou biologiques (compostables) qui alimenteront de nouveaux produits ou la nature. « Vous pourrez sucer ces produits si vous souffrez de carence vitaminique », lance-t-il à la blague pour exprimer sa philosophie qui lui a permis de signer plusieurs collections de produits qu’il a conçus pour de grands fabricants.

  C’est ainsi qu’en 1995, avec son partenaire, chimiste, Michael Braungart, il a aidé la compagnie DesignTex, de New York, et sa division Steelcase, à commercialiser les premiers tissus de fauteuils de bureau compostables et donc classés allant du « berceau au berceau ». À l’origine, la compagnie proposait de fusionner du coton à du plastique PET (téréphtalate de polyéthylène) provenant de bouteilles recyclées. William McDonough appelle ce genre de produit un « monstre hybride » : le PET contient des teintures et autres substances toxiques et le coton ne peut être incorporé au cycle de recyclage industriel. McDonough et Braungart ont analysé 4 500 substances chimiques utilisées dans les teintures par le fabricant Ciba- Geigy et seulement 16 ont répondu à leurs critères. Elles ne devaient être ni mutagènes, ni cancérigènes, ni substances toxiques persistantes, ni bioaccumulatrices, ni métaux lourds, ni perturbatrices du système endocrinien.

  Finalement, DesignTex a composé son tissu Climatex Lifecycle à partir de la laine des moutons de la Nouvelle-Zélande élevés avec un impact environnemental minime, et de ramie cultivée biologiquement aux Philippines. Exempt de traitement chimique contre les mites, les taches et le feu, ce matériau est biodégradable et il éloigne l’humidité de la peau. Auparavant, les rejets de l’usine helvétique où il fut fabriqué étaient tellement toxiques qu’ils étaient exportés en Espagne, leur enfouissement étant illégal en Suisse. Le fabricant a réduit ses coûts de 20 %, car aujourd’hui les rejets sont donnés à des cultivateurs de fraises locaux qui s’en servent comme paillis.

  L’année dernière, DesignTex a fait appel à une compagnie montréalaise, Victor Innovatex, première à offrir un tissu synthétique — de polyester — considéré par la compagnie McDonough Braungart Design Chemistry (MBDC) comme nutriment technique, car pouvant être recyclé sans perte de qualité. Le tissu Eco Intelligent est aussi libre de produits toxiques, l’antimoine ayant été remplacé par le dioxyde de titane. Il est disponible dans les sièges de marque Lagoon et les panneaux Sea Breeze offerts par Steelcase. Afin de le recycler indéfiniment, il faudra toutefois le dépolymériser et le repolymériser, un nouveau procédé qui sera éventuellement rentable.

Tapis révolutionnaires
  McDonough et Braungart aident même des industries aussi polluantes que celle des tapis à prendre le virage vert. Inspiré par le livre The Ecology of Commerce, de Paul Hawken, et la méthode écologique suédoise The Natural Step, le président du fabricant Interface Flooring, Ray Anderson, a pris le taureau par les cornes. Cette compagnie d’Atlanta, en Georgie, fabrique près de la moitié des tapis en tuile vendus dans le monde, et son chiffre d’affaires dépasse le milliard de dollars US. En 1995, Interface s’est donné pour mission d’un jour ne plus utiliser une seule goutte nette de pétrole et de redonner à l’environnement plus qu’elle ne lui prend.

  C’est ainsi que cette entreprise de 6 000 employés oeuvrant dans 26 usines fait de plus en plus appel aux énergies de la biomasse, du vent et du soleil pour électrifier ses usines, et il divise par quatre leur consommation d’eau. Elle s’engage aussi massivement dans le recyclage des vieux tapis en d’autres produits de même ou meilleure qualité, exempts de produits toxiques. Bref, on boucle la boucle du recyclage à l’infini. Cet ambitieux programme est axé sur l’usage d’un endos de polyuréthane plutôt que de PVC (vinyle), un matériau difficilement recyclable et dont la fabrication est très polluante. Interface introduit ensuite le concept révolutionnaire de la location plutôt que de la vente de tapis : le fabricant demeure propriétaire des tuiles et les reprend à mesure qu’elles s’usent.

  En 2000, Interface obtient les droits de fabrication de couvre planchers compostables en NatureWorks, un nouveau polymère polyactide à base de maïs, fabriqué par Cargill Dow en utilisant 35 % moins de pétrole. En 2003, Interface lance la version résidentielle de ce tapis modulaire, Spring Planting, distribué au Canada par le détaillant torontois FOS Design.

  Pour sa part, la compagnie Colin Campbell & Son’s, de Vancouver, affirme avoir conçu des tapis satisfaisant les plus hautes exigeances des groupes écologistes et des personnes hypersensibles aux produits chimiques. La gamme Nature's Carpet consiste en des tapis 100 % biodégradables, en laine avec endos de jute naturelle et coton bio optionnel, le tout retenu par un laminage en latex naturel. Aucun produit chimique n’y touche au cours de la production – les moutons sont élevés dans des champs cultivés biologiquement. Le plus important distributeur de tapis de laine au Canada, Colin Campbell & Son’s fait fabriquer ce tapis en Europe et en Australie. Prix au détail : entre 40 $ et 70 $ la verge carrée.

  Fin 2003, le plus grand fabricant de tapis au monde, Shaw Industries, entre à son tour dans le bal en promettant de reprendre gratuitement ses tapis usés pour les recycler dans ses endos EcoWorx. Ceux-ci sont faits de polypropylène et de cendres volantes recyclées de charbon plutôt que de PVC. En plus d’adhérer à sa philosophie du berceau au berceau, Shaw embauche aussi McDonough pour concevoir des tapis s’inspirant de patrons naturels (marbre, gazon, galets, etc.).

Pionnier du bâtiment vert
  William McDonough a initié le mouvement américain des bâtiments verts dès 1984, en concevant le siège social du groupe écologiste Environmental Defense Fund, à New York. Plusieurs autres ont suivi, dont récemment le siège social hyper efficace du détaillant de vêtements GAP, qui consomme 70 % de moins d’énergie qu’un bâtiment moderne de même taille. Livré à temps tout en respectant le budget initial, cet immeuble fait appel à de l’éclairage 100 % solaire et il est climatisé en stockant dans du béton la fraîcheur de l’air puisé la nuit.

Grâce à William McDonough et à son partenaire,
le chimiste Michael Braungart, de grands fabricants
offrent maintenant des tapis non toxiques et
recyclables à l’infini.

  Quant au nouveau Centre Lewis du Collège Oberlin, en Ohio, sa ventilation est actionnée par des détecteurs de dioxyde de carbone reconnaissant la présence des humains. De plus, tout le bois utilisé provient de forêts certifiées FSC (Forest Stewardship Council) car gérées durablement. L’immeuble a généré beaucoup de controverse car le budget initial a été dépassé et McDonough a continué de dire qu’il produira plus d’électricité (solaire) qu’il n’en consommera, bien que cet objectif ait été compromis par le choix de technologies énergivores. C’est le cas notamment de la « Machine vivante » qui fait appel à des plantes et des crustacés pour épurer les eaux usées qui sont ensuite réutilisées dans les cabinets de toilette. Pour répondre aux critiques qui trouvent ses promesses et objectifs irréalistes, l’architecte répond que Rome n’a pas été bâtie en un jour et que l’important, dans le design, c’est l’intention. « Personne ne se lève un bon matin et décide de générer des déchets toxiques. Pourtant, de telles tragédies se produisent couramment, et les gens qui en sont responsables ne peuvent plus dire qu’ils n’en avaient pas l’intention. Cela se produit parce qu’ils n’ont pas d’autre plan. »

  Enfin, William McDonough est particulièrement fier de sa réfection de l’usine River Rouge du fabricant automobile Ford. Elle comprend le plus grand (10,4 acres) toit végétal au monde, permettant de réduire de 7 % les besoins énergétiques de l’immeuble, surtout de climatisation. Autrefois, il en coûtait 48 millions de dollars par année pour traiter les eaux usées toxiques de l’usine, qui débordaient dans la nature lors d’orages. Le problème a été réglé par des plantes épuratrices semées dans des étangs aménagés au coût de 13 millions, et qui permettent une économie annuelle de 35 millions, explique McDonough qui conclut : « Ce serait merveilleux si les humains pouvaient restaurer la planète en laissant derrière leur passage des terres humides plutôt que de l’asphalte. Sur le toit de l’usine Ford, nos premiers visiteurs furent des oeufs d’oiseaux ! »

Les Principes de Hanovre

  Les Principes de Hanovre ont été écrits à partir de 1992 par William McDonough et Michael Braungart pour la ville allemande de Hanovre en vue de l’Exposition universelle Expo 2000. Proposée à tous les secteurs de l’économie mondiale, cette véritable révolution industrielle consiste à appliquer l’intelligence de Dame nature aux projets de développement. Elle est déjà appliquée depuis une décennie par les clients de McDonough et Braungart, d’Ikea à Nike en passant par IBM, BASF, la Ville de Chicago et la République populaire de Chine.
Voici ces principes en bref :
1. Insister sur le droit de l’humanité et de la nature à la coexistence ;
2. Reconnaître l’interdépendance;
3. Respecter les relations entre l’esprit et la matière;
4. Accepter la responsabilité des conséquences du design;
5. Créer des objets sécuritaires et de valeur durable;
6. Éliminer le concept des déchets;
7. S’appuyer sur les flux d’énergie naturels;
8. Comprendre les limites du design;
9. Chercher une amélioration constante en partageant la connaissance.

Lire les détails dans le livret de 101 pages The Hannover Principles – Design for Sustainability, William McDonough & Michael Braungart, www.mcdonoughpartners.com

 Source additionnelle :
-Environmental Building News www.buildingGreen.com
-Climatex, de DesignTex : www.climatex.com
-Eco Intelligent, de Victor Innovatex : (418) 227-9897 www.victor-innovatex.com
-Ecoworx de Shaw Industries : (514) 240-7086 www.ecoworx.com
-www.shawtile.com 1 877 502-7429
-Nature's Carpet, de Colin Campbell : 1 800 667-5001 www.naturescarpet.com
-Spring Planting, d’Interface, vendu au Canada par FOS : (416) 364-6877
www.interfaceflor.com www.fosdesign.com


André Fauteux,
Magazine La Maison du 21e siècle
www.21esiecle.qc.ca
  Consultez les archives de cette chronique!

La maison des services ne se tient pas responsable des opinions émises dans ces articles. Les auteurs ont l'entière responsabilité de leur texte.Toute reproduction totale ou partielle d'articles, de photos ou graphiques est interdite. En aucune circonstance, La maison des services, ses fournisseurs ni ses auteurs ne seront responsables, directement ou indirectement, des dommages directs, indirects, spéciaux ou économiques, découlant de l'utilisation de l'information présentés sur ce site.
© La maison des services 2005




Entrée | Intérieur | Extérieur | Schéma |

Merci d'ajouter ce site à vos favoris!
 
Commentaires | Conception Internet | Politiques | Petites annonces Occase.ca |