Les entrepreneurs rénovant les vieilles maisons
ont une grande responsabilité concernant la pollution par la
poussière et les odeurs, spécialement dans le immeubles
à logements multiples pouvant se contaminer entre eux.
L’empoisonnement par la peinture au plomb est plus susceptible
de survenir dans les vieilles maisons n’ayant jamais subi de rénovations
majeures ou dont les propriétaires tentent d’effectuer eux-mêmes
ces rénovations tout en continuant d’y habiter pendant les
travaux. La meilleure précaution à prendre est de ne
pas habiter votre maison pendant les rénovations. Les systèmes
mécaniques de circulation d’air devraient être débranchés
durant les rénovations, de façon à éviter
de contaminer les conduits ; évidemment, il est alors plus
pénible de demeurer à la maison…
Voici les recommandations de la Société
canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) à ce sujet :
• En bon état, la peinture au plomb ne présente aucun
danger. Mais elle peut être nocive si elle cloque ou s’écaille
et même le frottement des portes et fenêtres contre les
cadres peut produire de la poussière de plomb. La peinture
extérieure, soumise aux intempéries, peut contaminer
les jardins et carrés de sable et s’introduire dans la maison.
• Une solution sécuritaire consiste à encapsuler la
vieille peinture en la recouvrant de plaques de plâtre ou de
panneaux de bois. Le remplacement des boiseries est une solution permanente,
mais il faut abîmer la peinture le moins possible en les enlevant.
• Si la vieille peinture est en bon état, une nouvelle couche
(sans plomb) sera probablement suffisante, à moins que les
enfants puissent la ronger. Un lavage au phosphate trisodique aidera
la nouvelle peinture à adhérer à l’ancienne.
• Si la peinture s’écaille, il faut prendre vos précautions
: les femmes enceintes et les bébés doivent quitter
les lieux durant les travaux. Il faut retirer les rideaux, les tapis
et les meubles pour éviter qu’ils soient contaminés,
recouvrir d’une housse de plastique épais et bien sceller les
articles qui ne peuvent être déplacés, installer
un ventilateur dirigé vers l’extérieur, porter des gants,
des lunettes de travail et un masque : avec filtre HEPA, et non
en papier, pour filtrer les fines particules, et avec charbon activé
pour capter vapeurs chimiques si on décape. Il faut sabler
la peinture très soigneusement, jamais par jet ou à
la machine, ou la décaper avec un produit chimique (jamais
à la chaleur). Évitez de manger, boire ou fumer pendant
le décapage et lavez-vous bien les mains en quittant les lieux.
• Comme le décapage et le raclage de la peinture présentent
le plus grand danger, il y aurait lieu d’embaucher des spécialistes
d’enlèvement du plomb qui soient au courant des règles
de sécurité à prendre. Idéalement, décapez
à l’extérieur les boiseries qui peuvent être enlevées.
• Nettoyez quotidiennement le chantier. Utilisez de préférence
un aspirateur central qui évacue à l’extérieur
ou un aspirateur doté d’un filtre à haute efficacité
(HEPA). En dernier recours, utiliser un aspirateur conventionnel muni
d’un filtre secondaire et dont le sac est à moitié plein,
pour éviter de disperser les poussières. Lavez toutes
les surfaces au moins une fois avec un détersif fortement phosphaté.
Passez l’aspirateur une seconde fois. Lavez vos vêtements séparément
ou jetez-les quand vous avez terminé. Déposez tous les
déchets dans un contenant portant la mention « Déchets
dangereux : contient du plomb ».
Il faut tester la plombémie sanguine des enfants
L’Institut canadien de santé infantile demande
au gouvernement canadien de lancer un suivi national du taux
de plomb dans le sang des enfants, comme le font les États-Unis.
« Aux États-Unis, un profil de
plombémie est publié aux deux ans, tandis que
le dernier suivi pancandien remonte à 1978. Ici nous
opérons dans l’ignorance, » estime le directeur
des programmes de l’Institut, Don Houston.
Washington paie les tests sanguins des enfants de moins de six
ans et plusieurs lois américaines exigent que les gens
soient informés des dangers du plomb à domicile.
En octobre dernier, un jury de l’Alabama a condamné l’autorité
de logement publique de la Ville de Montgomery, à payer
860 000 $ à la mère d’une petite fille
gravement intoxiquée par de la poussière de vieille
peinture au plomb.
« Le gouvernement américain soutient
les organismes engagés dans des programmes d’éducation
et de conscientisation sur le plomb, ajoute Don Houston. Les
gouvernements locaux engagent des gens, allant parfois jusqu’à
faire du porte à porte, pour enseigner et même
éliminer les risques reliés au plomb dans les
quartiers pauvres comme dans les riches. »
« Ce n’est pas dans notre mandat et nous
n’avons pas les moyens de lancer un programme national de suivi,
explique Charles Éthier, directeur général
de la santé environnementale et de la sécurité
des consommateurs à Santé Canada. De toute façon,
nos données montrent que l’incidence d’empoi-sonnement
est presque inexistante. En Ontario, la plombémie sanguine
a diminué de 0,12 parties par millions à moins
de 0,035 depuis dix ans chez les enfants de quatre à
six ans. » Santé Canada a par contre l’intention
d’interdire l’ajout de plomb dans les produits de consommation,
dont les bijoux et les mèches de chandelles.