Élément naturel hautement toxique pour les
humains de tout âge, le plomb peut être absorbé
par l’ingestion, entre autres, de poussières, de terre, de
peintures et d’aliments contaminés, en respirant des poussières
ou encore par contact cutané avec des bijoux ou autre objets
en plomb. Ce métal lourd est un produit très difficile
à détruire et qui s’accumule en quantité et en
concentration dans les organismes vivants exposés.
Les autorités de santé publique canadiennes
recommandent un test de plombémie sanguine chez les enfants
à risque, soit :
• les enfants de travailleurs du plomb ou dont un membre de la famille
a une plombémie élevée ;
• les enfants potentiellement exposés à des sources
élevées de plomb dans leur maison, à l’extérieur
ou à un endroit où ils passent beaucoup de temps, par
exemple chez une gardienne ou à la garderie ;
• ceux qui démontrent des symptômes récurrents
d’empoisonnement ou d’absorption élevée de plomb.
Même à faible dose, l’exposition au plomb
peut occasionner des dommages physiques et psychologiques irréparables
chez les foetus (il traverse le placenta), les bébés
et les enfants. Les enfants de moins de six ans sont particulièrement
vulnérables parce que le plomb est plus aisément absorbé
par des organismes en pleine croissance. Selon l’Agence de protection
de l’environnement américaine, près de 5 % des
enfants ont une plombémie sanguine élevée (d’au
moins 10 microgrammes par décilitre) : aussi peu que 1 %
à la campagne et jusqu’à 10 % et plus en ville.
Le problème, c’est que souvent ils ne présentent aucun
symptôme facilement identifiable à part un semblant de
grippe. Pourtant, le plomb peut causer des problèmes extrêmement
graves et permaments.
Symptômes d’intoxication
L’intoxication aigüe, à des concentrations
élevées, est rare. Elle peut causer un goût métallique
dans la bouche, des douleurs abdominales et des vomissements, de la
diarrhée, des maux de tête, des tremblements, des convulsions,
le coma et même la mort.
L’exposition prolongée à de plus faibles
doses est plus sournoise mais très sérieuse. Sa manifestation
la plus évidente est l’anémie, mais il attaque aussi
le système nerveux et le cerveau. Ses impacts sont nombreux :
• Baisse du quotient intellectuel, de l’attention, de la mémoire
et des capacités visuomotrice, de lecture, de vocabulaire et
de pensée abstraite ; • Manque d’appétit, douleurs
abdo-minales, constipation, fatigue, insomnie, irritabilité
et maux de tête ;
• Problèmes de comportement, désor-dres et troubles
d’apprentissage ;
• Taille inférieure à la normale ;
• Problèmes d’audition ;
• Plusieurs autres effets du plomb ont été documentés :
problèmes rénaux, cardia-ques (haute pression et angine),
immunitaires, musculo-squelettiques (ostéo-porose), reproducteurs
(fausses couches et mortinaissances), etc.
Plombémie et délinquance
Par ailleurs, une radiographie spéciale (spectroscopie
fluorescente) du tibia peut révéler que certains enfants,
considérés non intoxiqués au plomb, ont beaucoup
de plomb dans leurs os. 1 De tels enfants de onze
ans démontrent plus de problèmes physiques, de comportements
anxieux, dépressifs, de retrait, d’agressivité et de
délinquance. L’association statistique était significative
même après avoir déduit les risques associés
à neuf variables, dont l’âge de la mère à
la naissance, l’éducation et l’occupation parentales et la
présence du père à la maison.
Les enfants ayant beaucoup de plomb dans leurs dents subissent
sept fois plus d’échec à l’école secondaire car
ils ont plus de difficulté à lire et à se concentrer.
Les mêmes auteurs découvraient même
récemment 2 que les jeunes délinquants
condamnés avaient presque dix fois plus de plomb dans leurs
os que les étudiants non délinquants. « Depuis
des années, les parents disent aux pédiatres que leurs
enfants sont devenus irritables, suractifs et agressifs à la
suite d’un empoisonnement au plomb », explique le directeur
de l’étude, le psychiatre Herbert Needleman. « Il
est clair que l’intoxication au plomb est une des causes de délinquance.
Les autorités devraient exiger non seulement la divulgation
de la présence de vieille peinture au plomb, mais carrément
qu’elle soit retirée des maisons. »
Un programme national de dépistage de la plombémie
sanguine chez les enfants est nécessaire, selon Don Houston
de l’Institut canadien de santé infantile. Un tel programme
ne coûterait qu’environ 10 millions de dollars par année.
En permettant d’identifier et d’éliminer les sources d’intoxication
additionnelle, M. Houston estime qu’un tel programme pourrait économiser
au moins un milliard de dollars par année au Canada, si on
se fie aux données américaines. La désintoxication
à l’aide d’un agent chélateur est un mode controversé
de diminuer le taux de plomb dans le corps. Certains scientifiques
disent qu’il atténue les symptôme des autistes tandis
que des études ont conclu qu’il ne renverse pas les torts cognitifs
causés par le plomb. Tous s’entendent pour dire qu’éliminer
l’exposition est préférable.
Selon une récente étude 3
d’une chercheure de Santé Canada, la quantité de plomb
dans la poussière de certaines maisons à Ottawa dépasse
les normes ontariennes pour les terrains contaminés !
Dans les zones non-industrielles, les sources intérieures,
telle la vieille peinture, seraient donc plus importantes que le sol
contaminé notamment par les voitures qui carburaient jadis
à l’essence au plomb.
1. Herbert Needleman et al., Journal of the American Medical Association, 7 fév. 1996.
2. Neurotoxicology and Terotology, janvier 2003.
3. Rasmussen et al., The Science of the Total Science Environment
267 (2001) www.elsevier.com/locate/scitotenv
Le plomb et la santé humaine, Santé Canada : www.hc-sc.gc.ca
Chélation : Thomas Nissen, naturopathe : 1 888 888-9145